• La présentation du nouveau roman de Philippe Le Guillou, Le pont des anges - la continuation, vingt-cinq ans après, du Dieu noir - aura lieu à la librairie Gallimard, 15 boulevard Raspail, le mercredi 7 mars à partir de 19 heures. Pour ceux d'entre vous qui ne pourraient pas être des nôtres ce soir-là, une autre rencontre, sous la forme d'un entretien avec Cyril Delhay, est prévue le mardi 3 avril à la Librairie de Paris, 7 place de Clichy, à partir de 18 heures.

    Extrait:

    "Oui, jamais comme en ces heures d'amertume et de suie, je n'ai eu conscience de ma petitesse et vu ma vie comme ce qu'elle est: une trame d'actions imparfaites et misérables. Jamais comme en ces instants je n'ai ressenti la pertinence de la forme de saint Augustin qui me paraît indépassable: miseria et misericordia. "La misère est mienne, la miséricorde est de Dieu." Au sortir de l'office des Cendres célébré dans la Sixtine qu'un éclairage défectueux rendaient superbement lugubre, en grand secret, le front encore marqué de la croix de suie et en compagnie du seul Samuel, j'ai quitté la cité du Vatican pour aller marcher sous le pont des anges qui dressaient leurs galbes et leurs engins de tourment vers un ciel de jais: l'eau torrentueuse de l'hiver, les troncs arrachés, les alluvions grossières amoncelées autour des piles des arches m'attiraient, comme une préfiguration de l'argile nocture et dernière [...] Sur la berge, les mots de la prédication du père Luca tout à l'heure dans la Sixtine me revenaient parce qu'en ce jour de nuit il avait choisi de parler de la vie, de sa beauté et de sa force, mais aussi de ses souffrances, de ses mystères obscurs, de sa fatale caducité." (Le Pont des anges, Gallimard 2012, p.191)


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  • A paraître en mars 2012

    Le Pont des Anges

    Gallimard


    Rome, dans la seconde moitié du XXIe siècle : le pontificat du premier pape africain, Miltiade, s’achève dans le sang et les attentats. Les sanctuaires flambent, l’Eglise universelle est déchirée et secouée de toutes parts. Julius, un dramaturge immobilisé par la maladie, reçoit, après avoir publié une lettre virulente à la suite de la mort du pape, la visite d’un cardinal bénédictin venu d’Irlande qui, quelques jours plus tard, accède, contre toute attente, à la succession de Miltiade sous le nom de Clément XV. Un peintre, Simon Viarmes, amateur des quais du Tibre et des sujets religieux, rôde aussi par là. Un compagnonnage singulier va se nouer très vite entre les trois hommes et, sur fond de coulisses et de splendeurs vaticanes, le pape irlandais, le dramaturge couché et le peintre, lointain héritier du Caravage, seront les véritables piliers du Pont des anges.

    Rien ne nous est caché des manœuvres du conclave, des mystères du gouvernement de l’Eglise, des rituels du Vatican, du huis clos romain en résonance constante avec le monde. Clément XV se distingue en apparence de Miltiade, le dieu noir qui avait renoué avec une certaine tradition et les fastes de la liturgie, et l’image s’impose peu à peu d’un homme attachant, complexe, incarné et mystique, hanté par son origine et l’exigence de sa mission, étonnamment moderne et novateur, que l’on suit, de l’élection aux grands voyages, au gré de ses rencontres, de ses méditations, de ses déplacements dans Rome, ses églises et ses cryptes, et sur les routes de la terre.

    Philippe Le Guillou est romancier et essayiste. Il a notamment publié Les sept noms du peintre (prix Médicis 1997), Les marées du Faou (2003), La consolation (2006), Fleurs de tempête (2008), Le bateau Brume (2010), L’intimité de la rivière (2011).

    En décembre 2009, j’ai trouvé chez un bouquiniste de Rennes un exemplaire du service de presse du dieu noir paru vingt-deux ans plus tôt. La nuit qui a suivi, dans la belle maison près de la cathédrale qui m’héberge souvent, j’ai feuilleté ce roman lointain, sans imaginer que la rêverie romaine allait reprendre jusqu’à susciter l’envie de donner à ce livre une continuation. On serait toujours quelque part dans le XXIe siècle et Clément XV, un moine venu d’Irlande, succèderait à Miltiade, pape africain. Il n’y aurait pas d’autres amarres. Le propre d’une continuation, c’est l’autonomie et la liberté.

     


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